Par la rédaction de cultube.fr — Publié le 18 juillet 2026
Paris compte 139 075 logements vacants hors résidences secondaires, soit environ 10 % de son parc résidentiel selon les données de l’INSEE citées par la Ville de Paris. Pour pousser une partie de ces biens vers la location ou la vente, le Conseil de Paris a choisi d’appliquer les taux maximaux de la future taxe locale sur les logements vacants à compter du 1er janvier 2027.
L’objectif municipal est de remettre environ 20 000 logements sur le marché. Ce chiffre constitue une cible, pas une prévision garantie : la réaction des propriétaires dépendra notamment de l’état des biens, des situations juridiques et des possibilités réelles de location ou de vente.
Des taux portés à 30 %, puis à 60 %
La loi de finances pour 2026 prévoit une nouvelle taxe locale applicable aux logements inoccupés depuis au moins un an dans les communes où l’offre ne répond pas suffisamment à la demande. Elle remplacera la taxe sur les logements vacants instaurée en 1999, avec une différence budgétaire notable : son produit sera directement versé aux communes et intercommunalités qui l’appliquent.
Le taux national prévu par défaut atteint 17 % la première année d’imposition, puis 34 % à partir de la deuxième. Les collectivités peuvent toutefois relever ces niveaux à 30 % et 60 %. C’est cette option que Paris a retenue dans la délibération adoptée le 16 juillet 2026, d’après la publication de la Mairie de Paris datée du 17 juillet.
La taxe sera calculée sur la valeur locative cadastrale du logement, sans abattement. Son montant ne correspondra donc pas simplement à un pourcentage du loyer demandé ou de la valeur de vente du bien.
Un appartement de 30 m² pourrait être taxé 2 800 euros
La Ville donne l’exemple d’un appartement vacant de 30 m² situé dans le 17e arrondissement. Avant la réforme, son propriétaire devait acquitter une taxe estimée à 790 euros. Avec le nouveau taux parisien, la facture atteindrait environ 1 400 euros en 2027, puis 2 800 euros à partir de 2028 si le logement restait imposable et toujours vide.
Cette progression concentre la pression financière sur les vacances prolongées. Pour éviter la taxe, un propriétaire pourra notamment remettre son logement en location, le vendre ou démontrer qu’il relève d’un motif d’exonération prévu par les textes.
Les logements vides ne seront pas tous imposés
Les 139 075 logements recensés comme vacants par l’INSEE ne constituent pas automatiquement autant de biens taxables. L’imposition suppose notamment une vacance d’au moins un an et l’absence d’une situation ouvrant droit à une exonération.
La Ville mentionne plusieurs cas dans lesquels l’inoccupation peut être indépendante de la volonté du propriétaire : une succession ou une procédure judiciaire bloquée, des travaux lourds indispensables pour rendre le logement habitable, ou encore un bien proposé à la vente ou à la location au prix du marché sans trouver preneur. Les exonérations existantes doivent être maintenues.
Les propriétaires concernés sont invités à signaler leur situation dans le service « Gérer mes biens immobiliers » du portail fiscal. La conservation des justificatifs relatifs aux travaux, aux démarches de commercialisation ou à la procédure en cours pourra être déterminante en cas de demande de l’administration.
Une cible de 20 000 logements face à la pénurie parisienne
En augmentant le coût de la vacance, la Ville de Paris cherche à modifier l’arbitrage des propriétaires qui conservent durablement un bien inutilisé. Une remise sur le marché de 20 000 logements représenterait un peu plus de 14 % du volume de logements vacants cité par la municipalité.
La mesure ne garantit cependant ni que tous les biens concernés seront proposés à la location, ni qu’ils le seront à des loyers accessibles. Certains pourront être vendus, tandis que d’autres nécessiteront des travaux ou resteront immobilisés pour des raisons juridiques. L’effet sur l’offre locative dépendra donc du nombre de propriétaires qui choisiront effectivement de louer plutôt que de vendre ou de demander une exonération.
Le nouveau barème entrera en vigueur en janvier 2027
La délibération parisienne a été adoptée en juillet 2026, mais les premiers montants calculés selon la nouvelle taxe locale sont attendus à partir du 1er janvier 2027. Le taux de 30 % s’appliquera lors de la première année d’imposition, avant un passage à 60 % à partir de la deuxième année de vacance imposable.
En parallèle, Paris indique proposer aux propriétaires de logements vacants des aides pour financer certains travaux, rechercher des locataires et bénéficier de garanties. Les propriétaires disposent ainsi des mois précédant l’entrée en vigueur pour vérifier la situation fiscale de leur bien, documenter une éventuelle exonération ou engager sa remise en location.
Source: Mairie de Paris
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité de l’information
Les taux, dates, exemptions et exemples chiffrés ont été repris de la publication officielle de la Ville de Paris.
- Vérification de la date d’entrée en vigueur annoncée au 1er janvier 2027.
- Comparaison des taux nationaux de 17 % et 34 % avec les taux parisiens de 30 % et 60 %.
- Contrôle de l’exemple fiscal concernant un appartement de 30 m² dans le 17e arrondissement...
- Distinction entre le nombre total de logements vacants et les biens effectivement imposabl...
- Source
- Ville de Paris
- Portée
- Paris
- Mis à jour
- 2026-07-18 13:28
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